[Chronique] Il est comment Mélenchon, en vrai ? de Marion Lagardère

Toujours la même question : « il est comment Mélenchon, en vrai ? », lancinante, inévitable. Irrépressible pour ceux qui la posent, en l’occurrence, ces électeurs de gauche perplexes, unanimement désenchantés par le mandat de François Hollande, rétifs à l’injonction du vote utile et qui rêveraient de voir émerger un recours. Alors ils s’interrogent sur Jean-Luc Mélenchon, le « camarade », « l’ex socialiste ». Ils aimeraient bien y croire, ballottés qu’ils sont dans une valse entre espoir et prudence, et où, à la fin, c’est généralement la défiance qui gagne. Parce qu’à l’évidence, son discours séduit, mais pas lui. Autoritaire, colérique, excessif, égocentrique, ces images lui collent systématiquement à la peau. Celle d’admirateur d’Hugo Chavez aussi. Celle d’un personnage violent avec les journalistes. Ou celle encore d’un homme qui dénonce « le système » alors qu’il a lui-même passé des décennies sous les ors de la République. Autant de portraits qu’il rejette et assume à la fois. « Alors il est comment, en vrai ? » Sous entendu, derrière le faux, derrière ce qu’il donne à voir. Fort de cinq années d’entretiens réguliers, de scènes inédites dans les coulisses des campagnes électorales, et de confidences recueillies loin des estrades, ces chapitres racontent un Jean-Luc Mélenchon plein de paradoxes et de contradictions, entre pudeur et quête de reconnaissance, optimisme et inquiétude, convictions et remises en question. Un homme qui se revendique intellectuel et qui pourtant ne peut s’empêcher de mettre les mains dans le cambouis politique. Ce livre n’est ni une biographie, ni une compilation d’entretiens. C’est un jeu de cache-cache avec la question chimérique du vrai en politique, et avec elle celle de la sincérité.

[Chronique] Une terre promise de Barack Obama

En se retournant sur l’histoire de sa présidence, Barack Obama propose une exploration unique et pénétrante de l’amplitude phénoménale mais aussi des limites du pouvoir présidentiel, ainsi qu’un témoignage singulier sur les ressorts de la politique intérieure et de la diplomatie internationale. Il fait entrer le lecteur dans le Bureau ovale et la salle de crise de la Maison-Blanche et l’emmène partout dans le monde, de Moscou à Pékin en passant par Le Caire. Il nous confie les réflexions qui l’ont occupé à certains moments cruciaux – constituer son gouvernement, faire face à une crise financière mondiale, prendre la mesure de Vladimir Poutine, franchir des obstacles en apparence insurmontables pour faire aboutir la réforme sur le système de santé, se retrouver en profond désaccord avec certains généraux sur la stratégie des États-Unis en Afghanistan, s’atteler à la réforme du marché financier, réagir face au désastre provoqué par l’explosion de la plate-forme pétrolière Deepwater Horizon, et enfin donner le feu vert à l’opération Neptune’s Spear qui conduit à la mort d’Oussama Ben Laden.