Interview de Guy-Roger Duvert

Bonjour à tous,
Aujourd’hui rencontre avec l’auteur Guy-Roger Duvert qui multiplie les casquettes et dont les différents univers ne sont pas si lointains que notre monde actuel, et dont les mondes en ruines tentent de se relever, le tout arrosé d’une bonne dose de science-fiction pour mieux apprécier les histoires.
Il y en a pour tout les goûts dans le travail que nous offre Guy-Roger Duvert, les lecteurs bien entendu mais aussi pour les amateurs de cinéma, mais également pour les mélomane, l’homme à plusieurs cordes à son arc comme vous le découvrirez dans cette article !
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  • Pouvez-vous vous présentez, nous parler un peu de vous ? (Par exemple vos études, métier, passions, …ect)
Bonjour. Je m’appelle Guy-Roger Duvert. J’ai été un étudiant de longue durée, ayant d’abord fait des études de Sciences Politiques à Strasbourg, puis une école de commerce à Cergy (ESSEC), avant d’entrer dans la vie active. Au bout de quelques années seulement en costard cravate, bien rasé tous les matins, j’ai tout laissé tomber pour me lancer comme compositeur de musiques de films. C’est encore aujourd’hui ma principale activité en termes de revenus, par exemple. Je compose pour pas mal de choses, des films, des jeux vidéos, des séries, des pubs… Je suis par ailleurs spécialisé en musiques de bandes annonces, et ai ainsi fourni des musiques pour des blockbusters hollywoodiens (Green Lantern, Prometheus, Transformers 3, Power Ranger…etc). Mais j’ai par la suite élargi mes activités. Je suis passé à la réalisation de films, tout d’abord deux court métrages, plusieurs films institutionnels, puis enfin mon premier long métrage, « Virtual Revolution« , sorti dans les salles en 2016. Et j’ai fini par devenir auteur. J’écrivais déjà des scénarios, et avais déjà tenté d’écrire des romans, mais sans les sortir. En 2019, j’ai finalement sorti « Outsphere« , mon premier roman publié. Enfin, en 2021, je vais sortir mon premier jeu de plateau (édité par Studio Hachette).
Outre ces activités (composition musicale, écriture, réalisation, auteur de jeu), j’ai des passions très simples et pour la plupart très geeks : jeux vidéo, jeux de plateau, lecture, mater des films et des séries TV, jeux de role grandeur nature, voir des amis à des terrasses de café ou au restaurant.

 

  • Auteur, compositeur, scénariste, réalisateur, producteur, y-a-t-il quelque chose que vous ne sachiez pas faire ? Quelque chose qui n’attire pas votre curiosité ?
Il y a plein de choses que je ne sais pas faire. C’est pour cela que je m’entoure de personnes plus compétentes que moi dans ces domaines. Je sais réaliser un film, mais j’ai besoin d’un excellent chef opérateur pour me créer les ambiances lumineuses que je veux, j’ai besoin d’un premier assistant pour organiser les journées, d’un producteur exécutif pour léger la logistique…Etc. Mes activités m’occupent déjà bien, et je manque donc de temps, mais s’il y avait une compétence supplémentaire que j’aurais voulu avoir, c’est de dessiner. Pour mes projets, je travaille souvent avec des illustrateurs et des concept artistes, et j’adore cette partie. J’ai chez moi plusieurs étagères remplies de livres d’art axés concept arts. Je suis un fan absolu, et malheureusement, je ne sais pas particulièrement dessiner.
  • Le point commun de vos écrits et des films auxquels vous participez semble être à chaque fois une anticipation du futur. Des univers noirs, qui mêlent science-fiction et technologie, c’est quelque chose qui semble vous passionner, pouvez-vous nous en parler ?
J’adore l’anticipation, car cela revient à se poser maintenant des questions auxquelles on sera confronté demain. A ce titre, la plupart de mes titres s’amusent à interroger sur tel ou tel sujet. Dans le premier tome d’Outsphere, j’oppose deux visions : une individualiste et une collectiviste. D’ailleurs, à un moment, une épidémie survient et les réponses à ce drame divergent, ce qui pour le coup renvoit évidemment à notre actualité. Dans Backup, mon troisième roman, sorti la semaine dernière, je m’interroge sur les conséquences d’une technologie dont les experts affirment qu’elle existera ce siècle-ci : la possibilité de sauvergarder son esprit dans des serveurs. Le livre est un thriller bourré d’action, mais je profite de l’occasion pour glisser ici et là des questionnements genants en termes philosophiques. J’aime interpeler. En revanche, je n’impose jamais d’opinion. Mon but n’est pas de fournir des points de vue personnels, mais de susciter de la réflexion (bon, le but premier est quand meme de divertir). Je ne donne donc pas de réponse. Juste des éléments supplémentaires de réflexion. On retrouve d’ailleurs cet élément dans mon long métrage « Virtual Revolution« , qui lui interroge sur l’impact de la réalité virtuelle sur nos sociétés. Mon prochain roman, d’ailleurs, qui sortira cette année, se situe dans le même univers que le film, et s’intitulera « Virtual Revolution 2046« . Cependant, même s’il est probable que la plupart de mes romans auront ce petit coté philosophique, je ne m’interdis pas de sortir un jour des romans purement divertissants (j’ai en tete une aventure lovecraftienne dans les années 30, par exemple).
  • Depuis quand écrivez-vous ? Avez-vous commencé par écrire des scénarios, des romans ?
Petit, j’écrivais et dessinais (très mal) des bandes dessinées. Puis par la suite, j’ai écris des scénarios de jeux de role quand j’étais étudiant. Puis je me suis mis aux scénarios de cinéma et de télévision en approchant la trentaine. Et finalement, je me suis plongé dans l’écriture de romans.
  • Quel a été le cheminement qui vous a mené à la publication de vos écrits ?
Au départ, je voulais une édition classique. J’ai écrit un premier roman, une fiction dans l’univers des pirates, qui a intéressé une ou deux boites d’édition mais sans provoquer de décisions. Quelques années plus tard, j’ai écrit Outsphere, qui est en fait une adaptation d’un scénario de série télévisée écrit bien plus tot. Je l’ai envoyé, et pareil, sans résultat. Je l’ai mis de coté car c’est à ce moment que je me suis plongé dans la production et la réalisation de Virtual Revolution, qui est un projet très lourd qui m’a occupé pendant plusieurs années. Une fois cette aventure terminée, j’ai re-réfléchi à Outsphere, désireux de le sortir. J’étais au départ contre l’auto-édition, mais je confondais en fait auto-édition et édition à compte d’auteur. Le second est selon moi une arnaque, ou en tous cas, ça n’a aucun intéret outre flatter l’égo (en gros, on a une sortie officielle, mais un livre vendu et lu nulle part). Le premier, en revanche, grace entre autres à Amazon, est devenu une voie solide pour atteindre un lectorat. Et on aurait tort de croire qu’il s’agit d’un biais inférieur. Pour le coup, ayant travaillé (très brièvement) dans la finance, j’ai gardé un goût pour les chiffres. J’ai pu obtenir les chiffres de vente de toutes les sociétés d’édition francaise dans le domaine de l’imaginaire en 2019. Prenons Mnemos, par exemple, qui est l’une des principales sociétés d’édition spécialisées dans ce genre. Et bien en 2019, Mnemos a vendu 40 titres différents (je ne prends pas en compte les formats poches). Si on prend uniquement les ventes papier (Or, sur Amazon, on vend plus d’ebooks que de papier), Outsphere se situerait en 7ème position des meilleures ventes cumulées, et ca sans avoir aucun accès aux librairies, contrairement aux tomes de Mnemos. Tout ca pour dire qu’en autoédition on peut tout à fait atteindre un lectorat équivalent à celui des sociétés d’édition. Cela étant dit, j’envisage de monter avec l’associé avec qui j’ai travaillé sur mon long métrage une société d’édition, de facon à atteindre les librairies aussi. Cela sera une nouvelle aventure, mais pour le moment, rien de concret n’est encore engagé.
  • Avez-vous un petit rituel d’écriture ? (Mug de Thé, café, Musique, …ect)
J’écris quasiment toujours en musique. Je choisis UNE musique que je vais écouter en boucle pendant tout le roman. Curieusement, la musique peut ne rien avoir au départ en commun avec l’univers du roman, mais le cerveau finit par créer ce lien.
  • Quand trouvez-vous le temps d’écrire dans votre vie bien remplie ?
En fonction des autres activités, qui sont inégales. En ce moment, par exemple, j’ai beaucoup de boulot musical, donc je n’écris pas une ligne. Le mois prochain, je vais m’occuper de sortir la version anglaise d’Outsphere, ce qui devrait m’occuper pas mal aussi. Et ainsi, je pense me remettre à l’écriture en juillet. Mon 5ème roman (le 4ème étant déjà écrit) sera à nouveau de l’anticipation, mais sera cette fois-ci un mix entre thriller et romance. Contrairement à mes 4 autres romans, il n’y a pas une seule scène d’action à proprement parler. C’est donc un challenge. Si je ne sors jamais ce roman, c’est que je n’aurais pas été convaincu de ce que j’aurais écrit. 😉
  • Avez-vous un livre qui a changé votre vie ? (En tant qu’auteur ou lecteur)
J’ai été extremement marqué par Sa Majesté des Mouches de Golding. C’est quasiment invisible à l’écran, mais je l’ai même caché dans mon film (en faisant un arret sur écran et en jouant sur les contrastes, on peut le trouver). A coté de ca, je suis très marqué par des auteurs comme Asimov, Philip K. Dick, Masamune Shirow. Dans l’univers geek, je suis évidemment fan de romans comme Le Seigneur des Anneaux ou les Princes d’Ambre. Dans du plus classique, j’adore le Portrait de Dorian Gray, d’Oscar Wilde. Et sur un mode plus politique, j’aime les écrits de Volkoff et ceux d’Ayn Rand, même si mes positions politiques diffèrent des leurs. Ayn Rand, par exemple, est aux USA la prophète pour tous les républicains (donc la droite américaine). J’adore Ayn Rand, considère qu’elle est l’auteur probablement le plus important du 20ème siècle (d’après la Library of Congress, son livre « Atlas Shrugged » est le livre qui a le plus influencé les USA, après la Bible!!!). Cependant, je vois aussi les faiblesses dans ses positions (elle était pro-Pinochet, pour donner une idée !). J’ai lu une biographie de mille pages sur elle qui montre comment ces faiblesses ont d’ailleurs impacté sa propre vie à elle (elle est morte malheureuse, malgré un succès hors du commun). Bref, ce sont pour moi des livres à lire absolument, à condition de conserver un esprit critique.

Partie Outsphere et Back-Up :

  • Pouvez-vous nous présenter vos livres Outsphere et Back-Up ?
Outsphere pourrait etre défini comme un Planet Opera et commence de manière très classique. La Terre est mourante, un vaisseau spatial est envoyé pour coloniser une exoplanète, sans espoir de retour. Il arrive en orbite de la dite planète, baptisée Eden du fait de son omniprésente végétation. Le lieu réserve des surprises, telles que par exemple la présence de primitifs à la surface, mais sinon, le début de la colonisation se déroule à nouveau de manière attendue, avec les traditionnelles oppositions entre militaires, scientifiques, civils. Tout va cependant etre chamboulé par l’arrivée en orbite d’un second vaisseau humain, parti 60 ans après le premier, mais ayant rattrapé le retard du fait de l’évolution technologique. Donc, là aussi, des humains, mais plus les mêmes. Modifiés génétiquement, capables de communiquer entre eux télépathiquement et ainsi de se synchroniser, ils sont devenus fondamentalement collectivistes, avec une seule pensée de groupe, ce qui les oppose évidemment aux « Anciens », par définition individualistes. La survie sur un sol qui cache en fait de nombreux secrets va devenir épineuse… Il s’agit donc d’une saga d’aventure dans un milieu exotique, ou l’on va suivre une tripotée de personnages différents, sur une structure faisant penser à celle des séries télé américaines (le roman ayant au départ été concu pour etre une série, c’est en fait logique).
Changement radical d’ambiance pour Backup, beaucoup plus urbain, se déroulant sur Terre, dans quelques décennies. La technologie permettant de sauvegarder son esprit sur des serveurs est développée, sous le monopole de la compagnie Backup. Si un abonné meurt, sa dernière sauvegarde est alors téléchargée dans un de ses clones, et il se réveille, sans le souvenir douloureux de sa mort puisque ses souvenirs remontent à la dernière sauvegarde. L’immortalité à la portée de tous, du moins des plus nantis. Aiden, un flic efficace à la limite du psychorigide, sauve la fille du patron de la société, et recoit en récompense un abonnement à vie, qu’il n’aurait jamais été en état de pouvoir s’offrir. Il s’installe dans le siège, ferme les yeux… et se réveille dans le corps d’un autre! Quelque-chose a foiré méchamment. C’est alors le début d’une descente aux enfers ou les révélations s’enchainent. Rapidement, Aiden va devoir devenir à la fois proie et chasseur, afin de protéger les siens. Backup est un thriller d’anticipation nerveux, reprenant tous les codes du cyberpunk. Contrairement à Outsphere, dont le second tome est sorti il y a quelques mois, il s’agit d’un one shot indépendant.
  • Quel a été le cheminement dans l’écriture de ces livres, quel a été le point de départ ?
Pour Outsphere, tout est venu de l’idée de l’arrivée de deux vaisseaux partis à des époques différentes, ou on se retrouve avec deux groupes représentants l’humanité, mais pas de la meme manière. Cela ne peut que nous interroger sur ce qui nous définit ou non comme êtres humains.
Pour Backup, c’est la technologie elle-même qui m’interpèle. Ce thème existe dans d’autres oeuvres de SF, mais je n’ai pour le moment pas trouvé les questions que je m’y pose. Imaginons que vous sauvegardiez votre esprit, qu’on vous croit mort, et qu’on la télécharge dans un de vos clones. Dans ce cas, lequel des deux est vous? Ce qui nous définit en tant qu’identité est entre autres notre caractère unique. Or, là, nous aurions deux versions d’une meme personne. Imaginons que ces deux personnes aient par la suite des vécus différents. On se retrouve alors avec deux personnalités différentes, mais officiellement une seule et même personne. C’est ce genre de paradoxes que s’amuse à explorer le roman.
  • Avez-vous d’autres projets d’écriture, la suite d’Outsphere peut-être ?
Plein! Mon 4ème roman, déjà écrit, se situe dans l’univers de mon film Virtual Revolution. Pas besoin d’avoir vu le film pour lire le roman, mais ceux qui l’ont vu y retrouveront des personnages. Le 5ème, si je suis satisfait du résultat, sera ce thriller romantique évoqué plus haut. En 6ème, j’envisage ce roman d’aventure fantastique lovecraftienne, et en 7ème, j’attaquerai le troisième volume d’Outsphere. On verra si je tiens le rythme (cela dépendra de mes autres activités), mais j’aimerais sortir Virtual Revolution cet été, le 5ème en fin d’année, le 6ème au printemps 2021, et Outsphere 3 au plus tard l’été 2021, bref dans un an.
Site Officiel (Encadrant son métier compositeur musical) : http://grduvert.com

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