[Chronique] La petite Stéphanoise de Thierry Poyet

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Nombre de tomes : /
Genre : Historique
Edition : Ramsay
Date de sortie : 20 septembre 2019
Edition : paperback
Pages :  314 pages
Ma Note : ★★★★
Où le trouver : Cliquer ICI

Saint-Étienne, 26 mai 1944. Plus de mille bombes s’écrasent sur la ville, les morts se comptent par centaines. Parmi eux, deux frères de huit et quinze ans. Comment surmonter l’horreur ? Brigitte, leur jeune sœur, va grandir dans le souvenir, le chagrin et l’espoir. Sortir de l’enfance, découvrir le monde, connaître ses premières amours : la fin des années 40, les années 50 se donnent à elle comme une seconde chance. Mais y a-telle droit ? Et que lui faut-il faire de sa vie dans cette ville ouvrière où les portes semblent toutes fermées à qui n’est pas né du bon côté ? Un mariage, un enfant… mais le bonheur ne niche pas toujours où on va le chercher et il faudrait déjà recommencer sa vie…

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Tout d’abord un grand merci aux éditions Ramsay et pour l’envoi de La petite Stéphanoise de Thierry Poyet.

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1950, ce n’est finalement pas si loin et la condition des femmes a bien changée, ainsi que la qualité de vie des ouvriers, on a tendance à trop l’oublier, à se plaindre de nos vies, du pouvoir d’achat, des impôts… La petite Stéphanoise, nous souffle à travers son Gaga Stéphanois que le destin de nos grands parents étaient peu reluisant, sans possibilité de s’éloigner de cette vie toute tracée.
Il est désormais plus facile de démarrer de rien et d’évoluer sans pour autant être né avec une cuillère d’argent dans la bouche.

La vie de la petite Brigitte était sans doute la vie de beaucoup de français et françaises, pendant et après la 2de guerre mondiale, difficile de s’imaginer la dureté de cette période si ce n’est à travers les livres.

Bien qu’ayant vécu la guerre ma grand-mère n’en parle pas, comme si cette période n’avait pas été particulière. J’ai du coup retrouvé à travers les mots de Thierry Poyet ce qui a sans doute été vécu par mes grands parents, dans ma propre ville. C’est donc avec beaucoup d’émotions que j’ai lu ce roman. J’y reconnais les quartiers, les rues, Manufrance dont mes parents me parlent souvent.

J’ai eu beaucoup de peine pour Brigitte qui est omnibulée par le fait d’échapper à sa propre famille pour en fonder une elle-même. Pas d’autres rêves que celui d’avoir sa propre famille et en quelque sorte répéter le même schéma qu’elle a vécue enfant, compter les centimes, travailler fort, vivre sans espoir d’une vie meilleure. Quel malheur de n’avoir pour unique but que de faire un enfant. J’imagine qu’à l’époque les travailleurs n’avaient que peu de temps libre à consacrer à des hobbies et que la famille était plus importante que tout. J’ai trouvé son destin tragique même si de son côté elle ne semble pas ressentir la même chose.
Je me dis que la libération de la condition de la femme est une excellente chose, je n’aurais sans doute pas pu vivre avec autant d’oppression.

Pour terminer j’ai beaucoup aimé ma lecture, qui tient sans doute plus du fait que cela se passe à Saint Etienne. Et donc j’avais l’impression d’être un peu à la maison. Je me suis délectée de lire nos expressions typiquement Stéphanoises, j’ai eu le sourire aux lèvres pendant de nombreuses pages grâce à ça.

Les citations de La petite Stéphanoise

☞ Elle avait cherché un mouchoir dans sa poche, elle n’en avait pas trouvé. La pauvreté jusqu’à son comble.

☞ Et puis, tout le monde le savait maintenant, le mieux en temps de guerre, c’est de faire semblant de rien, de continuer à vivre comme si de rien n’était, la guerre s’arrêterait quand elle le voudrait, voilà tout ! Être fataliste, rien de meilleur pour arriver à vivre, ou à survivre !

☞ Leurs deux douleurs s’affronteront longtemps. Deux réactions différentes qui ne se comprennent pas, deux logiques antagonistes qui s’excluent même.

☞ Un torrent magnifique, nommé Furens (le furieux), traverse la ville il fait mouvoir cent usines. (Stendhal, Mémoires d’un touriste, 1838)

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