Interview de Patrice Quélard

Hello, Hello,

Après avoir fait la découverte de Terramorphos, j’ai proposer à l’auteur de répondre à quelques questions pour en savoir plus sur son métier d’auteur et ses habitudes d’écriture.

Laissez vous embarquer dans l’univers de Patrice Quélard ^^

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Qui êtes-vous Patrice Quélard ? 

Breton, quadragénaire, jeune dans sa tête (au moins), essayant de vivre dans son époque sans toujours bien la comprendre, un tantinet révolté, un tantinet écorché vif, avec une personnalité très marquée, adepte de l’humour noir, pouvant parfois paraître un peu pessimiste, voire cynique, mais gardant plein d’espoir au fond de son cœur de grand enfant.

Qu’aimez-vous dans l’écriture ?

Tellement de choses ! L’amour des jolies phrases ciselées, par exemple. Le défi d’être face à soi-même et de mener un projet créatif à bien, aussi. L’évasion dans l’imaginaire pour s’échapper d’un réel pas toujours facile à assumer, pourquoi pas ? L’envie de faire passer un message, certainement.

Depuis quand écrivez-vous ?

Depuis l’adolescence. J’ai commencé mon premier roman à 27 ans, mais je n’ai proposé quelque chose à la publication qu’à l’âge de 38 ans. J’ai eu « la chance » (je mets des guillemets, car ce n’est quand même pas que de la chance) d’être édité assez rapidement sur la plupart de mes projets, ce qui fait que j’ai fortement accéléré mon rythme d’écriture depuis 5 ans.

Quand trouvez-vous le temps d’écrire ? 

Ayant un autre travail à côté, très prenant, je ne peux écrire que pendant les vacances (heureusement, on en a pas mal dans l’éducation nationale), le week-end, et la nuit. La nuit est particulièrement propice à l’inspiration, j’y trouve une ambiance bien spécifique, liée sans doute au calme et à la solitude.

Avez-vous un petit rituel d’écriture ? (Musique, mug de café, … etc)

Je suis en effet un assez grand consommateur de café et de thé, et l’écriture ne déroge pas à la règle. Je mets de la musique assez souvent, mais pas systématiquement, parfois j’ai besoin du silence absolu. Quand j’en mets, il s’agit uniquement de musique instrumentale, souvent de musiques de film.

Où trouvez-vous votre inspiration ?

Mon inspiration est aussi multiforme que le sont mes thématiques. La documentation, par exemple, sera centrale pour mes romans historiques (je suis un maniaque de l’exactitude) mais aussi pour Terramorphos où j’ai plus été chercher du côté de la science, des connaissances astronomiques, biologiques, cybernétiques. Les films que j’ai vus, les livres que j’ai lus, très nombreux, m’ont sans aucun doute influencé, même si je ne « sais pas comment », mais je suis convaincu que toutes les influences ne sont pas conscientes. Je suis également un grand observateur du monde dans lequel je vis : je suis l’actualité de très près, j’écoute les politiciens, les « experts », souvent avec beaucoup d’incrédulité, je suis attentif aux découvertes, aux phénomènes de société, aux innovations, aux excès et aux naufrages en tout genre et j’observe énormément les gens que je croise, leurs tics de langage, leurs mimiques, ce que je crois percevoir de leurs intentions cachées, et qui m’inspirent mes personnages. J’ai ce mélange de curiosité de tout et de sens critique. Et puis, une dernière partie de mon inspiration me vient « de nulle part », presque par génération spontanée. C’est un mystère même pour moi. Plusieurs personnes m’ont dit, sans se concerter : « où t’es allé chercher ça ? », et j’étais incapable de leur répondre. Ma femme a même une explication assez ésotérique sur le sujet, que je préfère garder pour moi (rires).

Vous avez un grand panel de genres littéraires, comment arrivez-vous à naviguer d’un genre à l’autre au fil des manuscrits ?

Oui, je n’aime pas me cantonner dans un seul genre, même si je sais que ce n’est pas une attitude très commerciale (rires). Mais comme je suis du genre idéaliste, les arguments marketing ont peu de prise sur moi. J’ai commencé par la littérature générale (en particulier les romans historiques) avant de faire de la SFFF, notamment par le biais des nouvelles. Mais j’écris aussi de la jeunesse (mon côté prof sans doute) que je « teste » directement sur mes élèves (généralement, ils sont plutôt ravis), et j’ai même écrit une pièce de théâtre. Pourquoi ? Tout simplement parce que j’aime lire tout ça. Je suis un lecteur éclectique, donc un auteur éclectique, ça me semble assez logique finalement. En revanche, je ne passe pas de l’un à l’autre du jour au lendemain, et je ne mène pas tout de front. J’ai besoin d’une « mise en condition » quand je commence un projet, ou quand je le reprends après un temps d’arrêt.

Quels sont vos projets d’écriture ? 

Après une année très SFFF (Terramorphos, mon roman épisodique de SF qui vient de se terminer, et une dizaine de nouvelles publiées chez trois éditeurs différents), je vais mettre tout cela en stand by et me consacrer à terminer le deuxième tome de ma trilogie Catharsis, chez Ed2A, saga médiévale se déroulant pendant la croisade contre les cathares. J’ai aussi deux projets jeunesse sur le point d’aboutir, qui me tiennent beaucoup à cœur, ainsi qu’un recueil de nouvelles quasi terminé. J’ai également un autre chantier qui s’ouvre et qui s’annonce passionnant : une BD, en collaboration avec une artiste dont j’admire le travail, Edwige Dupont.

Avez-vous un livre qui a changé votre vie ? 

En tant que lecteur : Sincèrement, non. J’ai lu beaucoup de livres, certains m’ont marqué plus que d’autres, et même ceux-là sont trop nombreux pour que je les cite. Mais « changé ma vie », non.

En tant qu’auteur : « Fratricide », parce que c’était mon premier roman, que j’ai mis treize ans à le finir (avec de longues pauses), et que je le considère comme mon devoir de mémoire. Je me croyais un éternel procrastineur versatile, je me suis prouvé en finissant ce pavé que je pouvais le faire… Depuis, j’en ai fini d’autres, et ça va de plus en plus vite !

Un dernier mot pour vos lecteurs ? 

À mes lecteurs : eh bien, merci d’être là, tout simplement. Un auteur sans lecteurs n’est rien, ou en tout cas n’est pas grand-chose. J’ai découvert à quel point avoir des lecteurs est moteur pour l’écriture. Depuis que j’en ai, j’écris dix fois plus vite qu’avant (mais je pense pas plus mal qu’avant, c’est même peut-être le contraire !)

Aux autres lecteurs : tentez l’aventure, lisez des auteurs sortant un peu des sentiers battus, vous pourriez ne pas le regretter. Et quand je dis ça, je ne pense pas qu’à moi : si vous voulez, j’ai plein de noms à vous donner… Ils écrivent excellemment bien, souvent mieux que les producteurs de best sellers, et pourtant presque personne ne les connaît. La littérature est frappée par le même mal que le reste de la société : la marchandisation. Tant que les lecteurs se laisseront piéger par le « fast food tête de gondole », rien ne changera.

Partie Terramorphos

Pouvez-vous parler de vos romans Terramorphos ?

C’est mon premier roman de science-fiction, et le seul pour le moment, même si j’ai écrit pas mal de nouvelles de SF à côté. Il est sorti, pour le moment, de façon épisodique, en deux saisons de 9 épisodes. L’éditeur, Nutty Sheep, a aussi sorti l’intégrale de la saison 1 en papier, et devrait en faire de même pour la saison 2 fin 2017. À noter qu’il existe aussi un prologue gratuit pour chaque saison, accessible sur mon blog et celui de l’éditeur. Les prologues sont inclus dans les intégrales papier.

C’est une histoire à mi-chemin entre l’anticipation et la hard-SF : la Terre se meurt, et l’humanité doit déménager sur d’autres planètes. Clive Forsythe, un ancien mercenaire corporatiste, et Vanessa Huggins, une inspectrice des impôts du gouvernement terrien, font partie des premiers colons d’une planète en cours de terraformation, Baker-119-g… Mais évidemment, ils vont avoir des ennuis !

Qu’est-ce qui a inspiré ce roman ? 

Ça a commencé de façon plutôt inhabituelle. J’avais lancé le défi aux « likers » de ma page Facebook de me donner les grandes lignes de l’intrigue d’une histoire épisodique que j’allais écrire sous leurs yeux, par… sondage. Ils ont décidé que ce serait de la SF, que l’un des héros serait un robot, qu’il ne serait pas sexué, que l’intrigue générale serait une « conspiration », et quelques autres petites choses. Peu à peu, il y a surtout deux « likers » qui se sont pris au jeu et qui ont continué à m’apporter des idées, c’est à eux que la première saison est dédiée. Et puis, le projet a été sélectionné par un éditeur, donc je l’ai retiré de ma page.

Si ce livre devait faire passer un seul message, quel serait-il ?

Oh, eh bien ce message serait assez limpide :

– Nous devons tout faire pour préserver notre environnement, dont nous ne sommes pas les seuls propriétaires, en dépit de ce que beaucoup semblent penser.

– La privatisation chronique et le capitalisme outrancier sont incompatibles avec une gouvernance humaniste et écoresponsable.

– L’Homme, s’il veut survivre, doit retrouver une certaine forme d’humilité vis-à-vis de la Nature que, malheureusement, il a complètement perdue.

Et pour finir les liens officiels de l’auteur :

Le blog de l’auteur : https://patricequelard.wordpress.com
Page facebook :http://www.facebook.com/patricequelardauteur
Page twitter :http://twitter.com/PatriceQuelard

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