Interview de Frédéric Bellec

Bonjour à tous !!

Aujourd’hui c’est pour un article un peu spécial qu’on se retrouve aujourd’hui. En effet j’ai l’immense plaisir de vous présenter une nouvelle rubrique sur le blog !

Je vous propose donc de découvrir des interviews d’auteurs sur Melle Cup Of Tea Bouquine.

L’occasion de discuter de Frédéric, celui de la vraie vie et celui du roman, et vous donner l’occasion de le connaître un peu mieux vous aussi, ainsi que de vous donner l’envie de découvrir Exilium.

 

Qui êtes-vous, Frédéric Bellec ?

Je suis né le 9 mars 1965, en région parisienne, de parents moitié bretons, moitié normands. Mon cursus professionnel s’est articulé essentiellement autour du secteur informatique, du webmastering et de la publicité, dans lesquels j’ai eu le privilège d’exercer pendant une vingtaine d’année en tant que responsable informatique dans une PME varoise. Depuis peu, je me suis installé dans le sud du Cher pour me rapprocher de ma famille. Je suis toujours autant passionné par les nouvelles technologies, mais mes centres d’intérêts ont évolué, en douceur, vers la difficile mais honorable tâche qu’est l’écriture.

Écrire, qu’est-ce que cela représente pour vous ?

Mes parents m’ont inculqué de belles valeurs morales, en mode « Petite maison dans la prairie ». « Merci », « Bonjour », « Au-revoir », « Avec plaisir » sont autant de réflexes dont la raréfaction s’intensifie, mais avec lesquels j’ai toujours composé et compose encore. Ils permettent de lubrifier les liens sociaux et de faciliter la découverte de belles personnalités. « Partager » est un autre de ces mots avec lequel j’ai grandi. Mais plus que le partage d’un bol de soupe, celui des idées enrichit et procure un profond sentiment de satisfaction. Et c’est cette notion qui m’a poussé à prendre le stylo, pour me libérer de choses que je ne parvenais pas à garder pour moi. Même si tout n’est pas forcément intéressant dans ce qu’on raconte, car j’ai aussi écrit beaucoup de choses débiles ! Mais peu importe : il ne faut pas jeter les miettes, il y aura toujours un moineau pour picorer.

Depuis quand écrivez-vous ?

J’ai toujours aimé écrire. Du moins, aussi loin que je me souvienne. Peut-être parce que mon éducation accordait aussi une place importante à la lecture (mon père avait un esprit scientifique, ma mère est plus littéraire). Mais je ne suis pas un forcené du stylo ou du clavier. Mes premiers souvenirs remontent à mes articles dans le  journal (satyrique) du lycée. Ensuite il y a eu un magazine informatique diffusé sur support numérique, et quelques articles techniques dans la presse. Peut-être d’autres choses aussi, dont je ne garde aucun souvenir. Maintenant, mon premier vrai (et conséquent) ouvrage remonte au début des années 2010. Là, les choses sérieuses ont débuté.

Quand trouvez-vous le temps d’écrire ?

Je ne cherche pas le temps d’écrire, je l’ai !
Quand on aime quelque chose, on y consacre naturellement du temps. Souvent au détriment d’autres activités tout aussi intéressantes d’ailleurs, mais avec un travail à plein temps, il faut définir ses priorités. J’ai donc le temps d’écrire parce que c’est devenu ma priorité, même si je n’ai pas tiré un trait sur mes loisirs informatiques que je développe avec modération en parallèle. Mais si je ne passe pas une seule journée sans réfléchir à de nouvelles idées, je n’écris pas en permanence. Car je vis l’écriture comme un plaisir douloureux qui réclame chez moi une discipline et un moral d’acier que je n’ai pas toujours. Je profite donc de mes moments « sans » pour affiner et structurer mes idées, jusqu’au coucher… et dans mes songes !

Avez-vous un petit rituel d’écriture ?

Je suis un adepte du travail nocturne. J’aime faire une grosse sieste dans l’après-midi, et me retrouver devant mon écran le soir, jusqu’à ce que je pique du nez en plein cœur de la nuit. Je vis le calme de la nuit comme un refuge sécurisant. Il est pour moi le moment le plus propice à l’ouverture du portail vers l’inspiration, et je laisse mon intuition me guider pour le reste. On ne l’écoute jamais assez ☺ ! Je n’écris jamais au préalable à la main (exception faite d’un petit carnet de notes avec lequel je me balade en permanence), car j’ai horreur de perdre du temps à tout ressaisir. Je n’écris pas plus devant mon PC de bureau. Je préfère m’installer sur le canapé face à un ordinateur portable quasi exclusivement dédié au travail d’écriture. Et je garde à portée de main un (énorme) verre de coca zéro.

Avez-vous une playlist d’écriture ?

Je n’écoute aucune musique lors de mes séances d’écriture. J’ai besoin de silence, pour ne pas laisser les émotions induites par l’histoire parasiter celles suscitées par la musique ambiante. Je veux rire ou pleurer avec mes personnages, je veux avoir peur avec eux, mais je ne permets pas à des émotions étrangères de dénaturer celles que je cherche à ressentir par l’écriture avant de trouver les mots pour les partager au plus juste.

Où trouvez-vous votre inspiration ?

C’est la question à laquelle les auteurs ont le plus de difficultés à répondre. Pour ma part, j’ai le sentiment que l’inspiration est davantage une question d’opportunité et d’attention particulière à son environnement. Écouter, observer, et NOTER tout ce qui est susceptible d’enrichir sa boîte à idées, quitte à faire le tri par le vide plus tard ! Les idées qui surgissent, autant que faire se peut je les inscris sur un carnet que je garde dans ma besace. Ou alors je les saisis dans un unique fichier texte accessible sur mon smartphone, pour le retrouver via un service de cloud sur mon ordinateur de bureau. Il m’arrive de puiser les idées dans mes rêves. Dans ce cas de figure, avant que les pensées ne se volatilisent, je les fige sur la tablette tactile posée sur ma table de chevet, pour être certain de tout retrouver le matin. Je suis obligé d’opérer de cette façon, car j’ai toujours mes meilleures — et plus angoissantes — idées la nuit ☺ !

Quels sont vos projets d’écriture ?

Au moment où j’écris ces lignes, je finalise la seconde partie du Livre 2 d’Exilium, qui sortira avant l’été 2017. Juste après, j’actualise ma biographie-documentaire initialement parue en 2012, pour une réédition des deux volumes également cet été 2017. Ensuite, je poursuis l’écriture du prochain tome d’Exilium, « Chroniques parallèles », qui sera un livre intermédiaire qui sortira avant d’entamer l’écriture du tome 3, qui lui demandera beaucoup de travail. Ce tome 3 devrait être très graphique, avec un retour à une ambiance aussi pesante que le tome 1, sans délaisser le niveau d’action du tome 2. Après, on verra, les choses se présenteront d’elle-même, même si en théorie le tome 3 est censé bouclé l’histoire. J’ai donc encore beaucoup de pain sur la planche ! J’ai aussi plusieurs projets d’écriture, tous à caractère fantastique ou thriller, sans lien avec Exilium, mais il faudrait que je me fasse davantage violence pour les concrétiser. Je pense aussi développer des spin-off pour me concentrer sur certains personnages-clés d’Exilium. Mais rien n’est fixé.

Avez-vous un livre qui a changé votre vie ?

« Pourquoi les hommes n’écoutent jamais rien et les femmes ne savent pas lire les cartes routières » (Allan et Barbara Pease, First Editions, 1999). Ça paraît couillon, non ? Et pourtant ! C’est un bouquin croisé presque par hasard au détour d’un rayon dans une FNAC. C’est grâce à lui que j’ai compris que l’homosexualité n’est ni une maladie ni une malédiction du diable à chasser par la prière, contrairement ce que m’enseignait depuis tout petit la (auto-proclamée) religion sectaire de ma mère. Ce livre a été pour moi une complète et brutale délivrance, qui a initié ma reconstruction.

Un mantra ?

  • Le succès n’apparaît avant le travail que dans le dictionnaire !
  • Plus terre à terre : trop de coca le soir, et c’est la nuit devant l’urinoir !

Un dernier mot pour vos lecteurs ?

  • À moins d’avoir suivi une formation littéraire, j’encourage les jeunes auteurs à ne pas compter que sur leurs acquis scolaire. Il ne faut pas hésiter à investir dans des ouvrages pour apprendre à écrire. Car les idées ne font pas tout, il faut aussi pouvoir les structurer. Écrire a une part de technicité qui ne coule pas de soi, ne serait-ce qu’en passant par les cases grammaire, orthographe et syntaxe. Et je ne m’étends pas sur la mise en page et les règles de typographie qui demandent aussi un certain investissement pour qui n’est pas à l’aise avec la chaîne infographique.
  • Il faut écouter les conseils et les remarques sur ses ouvrages. J’entends par là les observations constructives (les « c’est de la merde ton truc », « on comprend rien, l’histoire est minable et les personnages pas attachants » sont inutiles car destructeurs, et ne reflètent que la pauvreté d’esprit de leurs auteurs.) Ne reniez pas le fil de l’histoire mais soyez attentifs aux demandes : étoffer la personnalité des personnages et leurs relations pour mieux s’y attacher ou les haïr ? incorporer davantage de descriptions pour bien visualiser les scènes un peu floues ? Crédibiliser davantage les dialogues (la langue parlée n’est pas celle de la langue écrite) ? Toutes ces petites choses enrichissent énormément le travail d’écriture et ajoutent de la profondeur à l’histoire. Les images qui se modélisent dans la tête d’un lecteur sont toujours différentes de celles que le lecteur cherche à décrire. Il est alors crucial que malgré cette différence d’interprétation, le message clé soit transmis avec précision. Il est bien évident que des situations telle « et ils baisèrent comme des bêtes toute la nuit » n’appellent aucune précision de langage ☺ !
  • Se faire connaître dans le monde de l’édition est un effroyable défi. Pour cette unique raison, il ne faut jamais laisser le découragement nous faire abandonner nos projets, mais poser nos pions partout et laisser le temps faire son œuvre. La reconnaissance ne tient bien souvent qu’à une bonne rencontre au bon moment.
  • Bisous ☺ !

exilium_logo

Partie Exilium  

Pouvez-vous parler d’Exilium en quelques mots ?

Exilium se présente comme le témoignage chronologique d’un assistant d’éducation de lycée, qui dans le cadre de son travail, fait une rencontre aussi improbable qu’a priori terrifiante. Cette rencontre fera voler en éclat toutes ses certitudes sur le fonctionnement du monde et changera radicalement sa vision de la vie… et sa vie tout court ! Chaque livre est une suite directe du précédent, la découpe n’est due qu’aux intervalles de temps considérés.

Qu’est-ce qui a inspiré Exilium ?

La réalité ☺ ! J’ai passé ma première année comme surveillant d’internat à me demander d’où venaient les bruits bizarres qui circulaient dans le bâtiment. S’il était possible d’en reconnaître certains, comme celui du disjoncteur automatique, d’autres ne supportaient aucune explication, si ce n’est celle d’un bâtiment usé à deux doigts de s’écrouler (il est d’ailleurs question de son complet remplacement dans quelques années). Ajoutée à ces mini-mystères, la conviction par certaines filles que leur étage était un repaire de fantômes (Berry, pays des sorciers oblige), j’ai eu cette idée de roman pour faire peur aux ados. D’ailleurs, le roman devait à la base s’appeler « l’Internat ». Mais les idées se sont enchaînées, et d’un livre unique est née une suite nommée « Exilium » (voir le tome 1 pour les explications sur ce terme) dont le premier tome  est sous-titré « L’Internat ».

Fred le personnage principal est comme vous assistant d’éducation, doit-on en déduire que c’est un témoignage plus qu’une fiction ?

J’ai eu pour idée première d’écrire Exilium pour amuser les ados du lycée où j’officie toujours (pour encore deux ans). J’introduis donc le tome 1 en me présentant avec mon vrai nom, mon vrai cursus, et je décris le lycée où je travaille avec force et détails. Coups de gueule compris ! Il fallait que ce témoignage soit le plus crédible possible pour que les lycéens-lecteurs s’approprient l’histoire sans difficulté. Et soient noyés par le doute (ce qui fut le cas) ! La majorité moins une des personnages puise son inspiration chez des personnes réelles (lycéens, membres du personnel). Tous les prénoms ont bien entendu été changés, mais j’en ai gardé la première lettre, si bien que les lycéens concernés se sont reconnus au travers de leur comportement (le jeune Guilhem était vraiment très lent à nouer ses lacets), et ça les a beaucoup amusés. J’ai souvenir d’un interne qui à l’internat faisait même la lecture de certains passages à ses camarades, avec un exemplaire du livre emprunté au CDI. Puiser dans le réel permet de bien visualiser les personnages, il est ensuite plus facile de les faire interagir afin de mieux les aimer… ou les détester ☺ !

Parallèlement aux personnages, bien des aspects de l’histoire, malgré leur apparent caractère fantastique, puisent leur source dans la réalité (comme le passage sur les rêves lucides). L’existence des créatures mise à part, avec leur microcosme, le premier tome comporte plus d’éléments authentiques que fictifs, ce qui le rend d’autant plus troublant pour qui connaît le lycée. Même l’avant-dernier chapitre, qui retrace les débuts de l’abbaye de Noirlac, est historiquement exact, malgré les petites touches de fantastiques qui y sont intégrées pour établir un lien avec l’intrigue générale. Un chapitre qui a d’ailleurs été très complexe à rédiger, car tous les historiens ne sont pas d’accord sur tout !

Dans le tome 2, tous les nouveaux personnages sont fictifs. Si dans le premier tome, je pouvais être personnellement identifié au personnage principal, à partir du second tome, le personnage fictif reprend ses droits et je n’existe que comme auteur. Car il ne s’agit pas d’une biographie, mais bien exclusivement d’une histoire fantastique. Puis le pion du livre est long à comprendre certaines choses. C’est un bon gars, très porté comme moi sur les valeurs humanistes, mais il percute parfois à vitesse petit « v » devant des éléments qui me paraissent être des évidences. Je crois qu’il m’aurait agacé si je l’avais rencontré ☺ ! En même temps, comment aurais-je réagi dans des circonstances similaires ? En revanche, la façon dont le pion s’adresse aux élèves et cherche à les encourager, c’est globalement beaucoup moi. C’est le problème des héros qui exercent le même boulot que l’auteur…

Si ce livre devait faire passer un seul message, quel serait-il ?

Les messages inscrits en filigrane dans Exilium sont assez nombreux, et touchent différentes thématiques, mais le plus important est sans doute celui que je développe dans le tome 1 d’Exilium, par la bouche d’un des jeunes héros :

« Seuls deux sentiments nous dirigent : l’amour et la peur. Ils s’excluent mutuellement. C’est l’amour qui nous fait avancer, mais c’est la peur qui engendre la violence et le rejet, la peur par ignorance le plus souvent. La haine n’est pas le contraire de l’amour, elle n’est qu’une facette, une expression de la peur. »

La peur de ce qui ne cadre pas avec ses propres schémas de pensée, la plupart transmis mécaniquement par ses propres parents, comme un virus, engendre la violence. Chercher à éliminer ce qu’on pense non conforme à une norme arbitraire ne sert qu’à se rassurer sur sa (pseudo) propre normalité, mais en aucun cas n’apporte du progrès social. Et dans le pire des cas, la peur engendre la violence qui engendre le chaos puis la mort. Accepter de s’instruire pour développer sa connaissance est le meilleur moyen de repousser ses peurs.

Je tiens remercier chaleureusement Frédéric pour avoir pris le temps de répondre à mes questions avec autant enthousiasme ! 

Vous pouvez retrouver ma chronique du Tome 1 d’Exilium L’internat (ICI)
Et pour plus d’informations :
Page officielle : http://exilium.leroman.fr/
Page Facebook : https://www.facebook.com/exilium.roman


Et enfin si vous souhaitez commander Exilium Tome 1 L’internat ainsi que Exilium Tome 2, cliquez ci dessous sur l’image du roman.

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10 réflexions sur “Interview de Frédéric Bellec

  1. Trop chouette cette rubrique d’interview, j’adore! Je ne connaissais pas cet auteur mais la facon dont il parle de son écriture donne terriblement envie de le découvrir. J’ai beaucoup aimé sa phrase sur les miettes et les moineaux 🙂 Je commence un premier projet d’écriture et ce genre d’interview fait du bien au moral les jours où l’on y croit plus trop. Merci belle soirée à toi

    Aimé par 1 personne

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